Trail et courses
Une seule montée, 733 mètres de dénivelé positif, 3,3 kilomètres, et la promesse d'un repas chaud au sommet. La Cousimbertical résume à elle seule ce qu'est une course verticale : pas de tactique compliquée, pas de descente, juste toi, la pente et le chrono. Cette épreuve des Préalpes fribourgeoises, en Suisse romande, attire des coureurs qui viennent chercher le record du parcours et des marcheurs qui viennent simplement relever un défi personnel. Si tu cherches une première course en montagne accessible, ou une verticale courte pour tester ta caisse en fin d'été, la Cousimbertical mérite une place dans ta liste. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de t'inscrire : le parcours, les catégories, les records, les infos pratiques et sept clés concrètes pour rejoindre le chalet du Cousimbert sans exploser en route.
Cousimbertical : la fiche technique d'une verticale fribourgeoise
La Cousimbertical est une course à pied verticale disputée sur les flancs du Cousimbert, un sommet des Préalpes fribourgeoises situé dans l'ouest de la Suisse, à une trentaine de minutes de route de Fribourg. Le tracé suit un sentier naturel depuis le lieu-dit « Pratzey », à 840 mètres d'altitude, jusqu'au chalet du Cousimbert, à 1572 mètres.
Les chiffres tiennent en une ligne : 733 mètres de dénivelé positif pour 3,3 kilomètres, soit une pente moyenne supérieure à 20 %. Autrement dit, sur la Cousimbertical, tu montes en continu du premier au dernier mètre. Il n'y a ni boucle, ni descente chronométrée, ni portion de plat où récupérer vraiment.
Le champ de participants est volontairement restreint : la course est limitée à cent personnes, une jauge dictée par la capacité du chalet d'arrivée. Elle est ouverte dès 14 ans, les plus jeunes pouvant y prendre part accompagnés d'un adulte. Les bâtons sont autorisés, un ravitaillement attend les participants au sommet et le transport d'un sac jusqu'à l'arrivée est organisé.
Cousimbertical : l'histoire d'une verticale née entre voisins
L'aventure démarre en 2016. Deux passionnés de la région, Edmond Kolly et Philippe Schuwey, imaginent une épreuve sur le versant du Cousimbert et lui donnent son nom. L'inspiration vient du kilomètre vertical de Fully, en Valais : moins raide, moins long, mais la même philosophie, celle d'une montée unique et franche.
Les trois premières éditions de la Cousimbertical se courent en contre-la-montre, avec un départ toutes les trente secondes. Pour des raisons logistiques et de coût, le comité bascule ensuite sur des départs en ligne, formule toujours en vigueur aujourd'hui. Deux années blanches viendront s'ajouter à l'histoire, les éditions annulées en 2020 et 2021.
Une nouvelle équipe reprend ensuite le flambeau : cinq amis, dont Cédric, président de la course et fils de l'un des fondateurs. Dans l'épisode du podcast Au-delà du mur consacré à l'épreuve, il raconte avec Guillaume, membre du comité, tout ce qu'ils ont découvert en chemin — les autorisations, le balisage, la gestion du chalet — et surtout ce qu'ils ont choisi de ne jamais changer : le repas offert au sommet, inclus dans l'inscription depuis la toute première édition.
Cet article est tiré d'un épisode du podcast Au-delà du mur, dans lequel les organisateurs racontent les coulisses de l'épreuve. Chaque semaine, j'y reçois coureurs, coachs et organisateurs de courses suisses pour aider le coureur amateur à progresser. Tout est sur audeladumur.ch.
Cousimbertical : le parcours décrypté, du Pratzey au sommet
Le départ est donné sur une petite route goudronnée au-dessus de la scierie du Pratzey. Très vite, le bitume laisse place à un sentier caillouteux, parsemé de racines, en bordure de forêt. La première partie monte de façon progressive jusqu'à la route forestière de la Joux, avec un court replat qui permet de souffler.
Ce replat est le premier piège du parcours. Il ne dure pas, et surtout il offre une vue dégagée sur la suite : le drapeau d'arrivée est là-haut, minuscule, et le cerveau calcule immédiatement tout ce qui reste à grimper. Beaucoup de participants racontent y avoir pris un coup au moral. La parade est simple : décide avant le départ que tu ne lèveras pas la tête sur cette portion.
Après un petit chemin forestier, le sentier débouche sur une clairière avec une cabane et une place de pique-nique. C'est là que ça se corse : la pente s'accentue progressivement jusqu'au pâturage du Cousimbert, où le drapeau annonce enfin que l'arrivée est proche. Le terrain de la Cousimbertical n'est pas technique — pas de passages exposés, pas de câbles — mais il grimpe, sans relâche.
Cousimbertical : deux catégories et aucune barrière horaire
La Cousimbertical propose deux catégories bien distinctes. Les populaires partent les premiers, à 10 h 30 : ils sont chronométrés, mais ne sont pas classés. Les coureurs s'élancent une demi-heure plus tard, à 11 h 00, et bataillent pour le classement scratch et les podiums.
Cette organisation en deux vagues crée une jolie mécanique : les populaires, partis devant, voient arriver les premiers coureurs, s'écartent et les encouragent. Personne ne se gêne, tout le monde monte à son rythme.
Le programme d'une journée type est simple. Retrait des dossards dès 9 h 00, fermeture des inscriptions sur place à 10 h 00, dernier délai pour déposer un sac à 10 h 15, puis les deux départs. Les premières arrivées au sommet sont attendues dès 11 h 30, le repas suit, et la remise des résultats a lieu en début d'après-midi.
Point important pour celles et ceux que le chrono angoisse : il n'y a pas de barrière horaire. Un membre du comité ferme la marche et accompagne le dernier ou la dernière participante jusqu'à la dernière marche de l'escalier du chalet. Personne n'est laissé derrière.
Cousimbertical : les records et les temps de référence
Le record masculin de la Cousimbertical est un morceau d'histoire. En 2018, lors de la dernière édition disputée en contre-la-montre, Térence Risse boucle la montée en 28 minutes et 38 secondes, devançant Quentin Mertenat de six dixièmes seulement. Chez les femmes, la référence est plus récente : 33 minutes et 12 secondes, signées Romane Gauthier en 2024.
Pour te situer, voici les repères habituels sur cette montée. Les meilleurs passent sous la barre des trente minutes. Un coureur entraîné mais sans ambition de podium se situe entre 40 et 55 minutes. Un participant populaire régulier tourne autour de l'heure. Et celles et ceux qui montent pour le plaisir mettent entre 1 h 15 et 1 h 30, parfois davantage — il est déjà arrivé que des participants s'arrêtent en chemin pour boire un verre avant de finir tranquillement.
Ces écarts disent l'essentiel : sur 733 mètres de dénivelé, la hiérarchie ne se joue pas sur la technique, mais sur la capacité à soutenir un effort intense en côte pendant trente minutes à une heure.
Cousimbertical : sept clés pour préparer la montée
Voici les sept points sur lesquels concentrer ta préparation pour aborder la Cousimbertical dans de bonnes conditions.
1. Habitue ton corps au dénivelé, pas à la distance. Trois kilomètres, ça paraît court. Mais l'effort ressemble davantage à un contre-la-montre en côte qu'à un 5 km sur route. Si tu t'entraînes uniquement sur du plat, intègre une séance en côte par semaine pendant les deux mois qui précèdent.
2. Travaille la force autant que le cardio. Une revue scientifique consacrée aux coureurs de kilomètre vertical identifie deux principaux prédicteurs de la performance en montée : la vitesse aérobie maximale et la force maximale. Deux séances de renforcement des jambes par semaine, même courtes, pèsent lourd le jour J.
3. Assume la marche rapide. Marcher n'est pas un aveu de faiblesse sur une pente à plus de 20 %, c'est une stratégie. Entraîne-toi à alterner course et marche soutenue, et apprends à reconnaître le moment où la marche devient plus économique que le trottinement.
4. Ne pars pas trop vite. C'est l'erreur classique sur une verticale : les cent premiers mètres se font à l'adrénaline, et la facture arrive dans la deuxième moitié. Retiens-toi consciemment sur les cinq premières minutes.
5. Prépare le passage du replat. Tu sais désormais qu'il existe et qu'il donne à voir tout le dénivelé restant. Prévois une phrase simple à te répéter à cet endroit précis, et regarde tes pieds plutôt que le sommet.
6. Teste tes bâtons avant, ou laisse-les à la maison. Ils sont autorisés, mais des bâtons découverts le matin de la course coûtent plus qu'ils ne rapportent. Deux ou trois sorties d'essai suffisent pour trancher.
7. Anticipe l'après. Le retour au départ se fait à pied, par le même sentier qu'à la montée. Prévois une veste chaude dans le sac transporté au sommet, et des jambes assez fraîches pour redescendre prudemment en croisant les derniers montants.
Si tu débutes et que tu ne sais pas comment structurer ces séances dans ta semaine, notre guide pour construire ton plan d'entraînement pas à pas te donnera le cadre qui manque.
Cousimbertical : le repas au chalet, la vraie ligne d'arrivée
C'est probablement ce qui distingue le plus la Cousimbertical des autres courses verticales. Le repas au chalet du Cousimbert est inclus dans l'inscription depuis la première édition, et le comité y tient comme à la prunelle de ses yeux.
Concrètement, tout le monde termine au même endroit, s'assoit, mange, et refait la course. Le coureur qui vise le podium et le marcheur qui a mis deux heures partagent la même table et la même vue sur les Préalpes. Quand la météo se gâte, on se serre à quatre-vingts ou cent dans le chalet pour la remise des prix, et l'ambiance n'en est que meilleure.
Chaque participant repart avec un prix souvenir, et les trois premiers de chaque catégorie sont récompensés. Les commerces et entreprises de la région alimentent une table des prix particulièrement fournie pour une épreuve de cette taille.
Cousimbertical : inscriptions, tarif et infos pratiques
L'inscription à la Cousimbertical coûte 35 francs et comprend le prix souvenir ainsi que le repas au sommet. Un supplément de 5 francs s'applique aux inscriptions prises sur place le matin de la course, selon les places restantes.
Trois points méritent ton attention. D'abord, la jauge de cent participants : les dernières éditions se sont remplies, et les inscriptions tardives se sont multipliées dans les deux semaines précédant la course. Ne mise pas sur la dernière minute. Ensuite, les places de parc sont limitées et signalées — le covoiturage n'est pas une option de confort, c'est une nécessité. Enfin, la date change d'une année à l'autre, généralement à la fin de l'été : vérifie-la sur le site officiel de l'épreuve avant de bloquer ton week-end.
Cousimbertical : une course pour qui ?
Le comité assume une position claire : il n'y a pas de public cible. La Cousimbertical s'adresse autant à celui qui vient titiller le record qu'à la personne qui reprend le sport et se fixe un objectif dans l'année. Les deux catégories existent précisément pour ça.
Pour un coureur amateur qui n'a jamais fait de course en montagne, le format est idéal. L'effort dure moins d'une heure pour la majorité des participants, il n'y a aucune difficulté technique, aucune obligation de matériel complexe, et la logistique tient en une matinée. C'est une porte d'entrée honnête vers le trail, sans l'engagement d'un ultra ni le prix d'un dossard de grande course.
Cousimbertical : à toi de jouer
Une montée, un chalet, un repas, une centaine de personnes. La recette n'a rien de spectaculaire sur le papier, et c'est précisément ce qui la rend si efficace. Si tu cherches un objectif court, dur et sans chichis pour la fin de ton été, la Cousimbertical est une candidate sérieuse.
Prépare tes séances en côte, accepte de marcher, garde la tête basse sur le replat, et pense à la vue depuis la terrasse du chalet quand ça brûle dans les cuisses.
Et toi, quel a été ton dernier objectif en montée ? Raconte-moi ça en commentaire.